Dons de soi :Je donne, tu donnes … ils ou elles donnent !

Mis à jour : avr. 11


Quand le verbe donner se conjugue à toutes les personnes, c’est le miracle de l’amour universel qui se produit !


Je donne …


Tout a commencé un peu après mes 18 ans. Je suis en Terminale et un camion de l’EFS vient stationner devant mon lycée.


Avec mes amis, on se challenge : « pas cap d’aller donner ton sang ! ». Donner c’est un verbe que j’aime depuis toujours. Mais les aiguilles, ce n’est pas ma tasse de thé. Depuis deux ans, je fais des crises d’hypoglycémie qui peuvent parfois me faire perdre connaissance. Alors je l’avoue, j’ai peur ! Je décide d’accompagner un ami par curiosité et au fond de moi, je me dis que je ne donnerai pas le précieux nectar cette fois-ci.


On monte dans le camion, le personnel de l’EFS nous explique que nous devons d’abord remplir un questionnaire de santé. Je regarde autour de moi, les trois personnes, qui donnent, ont un grand sourire. L’envie de donner devient plus forte que la peur. Finalement, je me laisse tenter.


J’explique que je suis sujette aux pertes de connaissance et on me lève les pieds. Voilà, ça y est, je donne mon sang ! Fierté, joie, je suis aux anges de mettre ma pierre à l’édifice.


Les années suivantes, il m’arrive de donner mon sang, de temps en temps à l’université quand un camion vient près de la fac.


À l’aube de mes 30 ans, de nouveau les occasions se présentent. Pendant plusieurs années, je donne mon sang deux ou trois fois par an car le camion vient en bas de l’immeuble où je travaille. Parfois, je donne sur mon lieu de vacances comme à l’île de Ré.


Et puis le temps passe, je suis maman, je cours à droite et à gauche. Ce n’est pas une excuse, juste une explication. Je ne donne plus mon sang car je ne prends plus le temps d’aller à l’EFS.


Pendant toutes ces années où j’ai donné mon sang, je l’ai fait parce que donner faisait partie de mes valeurs. Mais honnêtement, je ne comprenais pas à l’époque, l’importance que ces dons avaient pour les personnes malades ou ayant eu un accident de la route. C’était pour moi un geste citoyen mais pas crucial !


Ils ou elles donnent...


Arrive ce mois de novembre 2018 où ma vie bascule à cause d’une leucémie aigüe myéloblastique. La chimiothérapie intensive met mon corps en aplasie (baisse du système immunitaire). Je n’ai plus assez de globules rouges, de globules blancs et de plaquettes pour survivre en attendant la rémission.

À mon tour, j’ai besoin de transfusions quasi quotidiennes de globules rouges et de plaquettes. Une quarantaine de donneurs m’ont aidée à survivre. Des personnes inconnues qui ont décidé que donner faisait partie de leurs valeurs.


Certains de mes amis, mon conjoint ont tout de suite compris à quel point j’étais reconnaissante vis-à-vis de mes donneurs et à quel point il est simple de devenir un héros et de sauver des vies.


Alors, à leur tour, ils ont donné leur sang et continuent encore aujourd’hui. En plus de donner leur sang, ils donnent de leur temps. Car oui, parfois, il faut se déplacer un peu plus loin voire même prendre une demi-journée de congé. Mais ils le font car ils savent que quelque part, un malade, une femme qui a accouché et qui a perdu trop de sang, un accidenté de la route, attendent cette poche de sang. Ils le font car ils savent que si cette poche de sang n’arrive pas, alors cette même personne mourra.


Donner son sang n’est pas juste un acte citoyen ou altruiste, c’est un geste vital et maintenant je l’ai compris.


En mars 2019, j’ai reçu une greffe de moelle osseuse. C’est une sorte de transfusion dans laquelle un donneur donne, de son vivant, une partie de ses cellules souches contenues dans sa moelle osseuse. Les cellules souches sont les mamans globules qui fabriquent les globules rouges, blancs et les plaquettes.


Ma moelle osseuse dysfonctionnait et pour me guérir, la seule solution était de recourir à cette greffe. Seulement n’ayant ni frère, ni sœur, les médecins ont dû faire appel au registre international de donneurs. C’est un donneur anglais anonyme qui a donné ses cellules souches pour moi.


Deux mois après ma greffe, ma maman est décédée d’un grave accident de voiture. Avant l’accident, nous avions régulièrement cette discussion sur le don d’organes.

Elle me disait : « Le jour où je mourrai, comme je suis trop vieille maintenant, ils ne pourront rien me prendre pour aider quelqu’un ». Cela l’attristait beaucoup. Le lendemain de son décès, un médecin est venu me voir pour me demander si ma maman avait un jour parlé de donner ses organes. J’ai répondu oui sans hésiter et ils ont pu prélever la cornée de ses yeux pour aider une personne qui a des troubles de la vue. Ce jour-là, j’ai senti son sourire. Je sais que là où elle est, elle est heureuse d’avoir pu aider quelqu’un.


Tu donnes ?


Aujourd’hui, je ne peux plus donner mon sang, encore moins ma nouvelle moelle osseuse.


En revanche, je peux faire deux choses.

La première c’est avoir sur moi ma carte de donneur d’organes. En effet, quand l’occasion se présente de donner un organe c’est toujours dans un moment d’extrême tristesse. Il est difficile pour les proches de l’envisager. Avoir sa carte, en parler à ses proches c’est leur faciliter la tâche, pour prendre la décision sereinement.


La deuxième chose que je peux faire c’est en parler autour de moi ou sur mon compte Instagram. Communiquer sur le sujet c’est un moyen de montrer à ceux qui sont en bonne santé qu’ils peuvent sauver des vies soit en donnant leur sang, soit en devenant « veilleur de vie », c’est-à-dire donneur de moelle osseuse. C’est aussi le moyen de tordre le cou à certains préjugés du type : je vais être très fatigué après un don de sang ou je ne veux pas devenir « veilleur de vie » car donner sa moelle cela doit faire mal.


À l’occasion de la journée du don de moelle osseuse, le 19 septembre, j’ai notamment réalisé de petites vidéos (sur mon compte Instagram) qui expliquent notamment les points importants à savoir pour s’inscrire sur le registre international de donneurs de moelle osseuse. Avouez, être « veilleur de vie » c’est un bien joli titre !


Et vous, vous donnez ?

Si le don de sang et le don de moelle osseuse ne sont pas possibles pour vous pour des raisons de santé alors n’oubliez pas d’en parler à vos amis, à vos collègues et à vos adolescents qui sont les donneurs de demain !

Si vous êtes pour le don d’organes, demandez vite votre carte de donneur

et parlez-en à vos proches.



Pour plus de renseignements sur le don de sang : https://www.efs.sante.fr/

Pour plus de renseignements sur le don de moelle osseuse :

https://www.dondemoelleosseuse.fr/

Pour plus de renseignements sur le don d’organes :

https://www.dondorganes.fr/



Merci Fabienne pour ce très beau et utile témoignage.🙏🏼

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